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SUSAN MALHEUR

Les aventures truculentes et pathétiques de miss Susan pas d'Boyle, initiales SM, pure connasse aigrie et célibataire. Un blog trash et glam à savourer entre connasses de basse extraction, avec un verre de Chardonnay, du chocolat et, bien sûr, des mycoses

21 mai 2012

1995 à Boullay-les-Trous


Il m’a fallut plusieurs mois avant de trouver la sortie du dépôt, c’est pour cela que je n’écrivais plus du tout mais me voici de retour depuis moins d’un mois, épuisée de mes frasques et de mes couples en carton ! En attendant les détails croustillants sur ma prochaine histoire d’amour graveleuse fabuleuse, je vous propose de vous délecter de ce documentaire chic et choc qui vous racontera, entre autres choses, ma vie passionnante et celle de mon village pendant l’année 1995. En buvant des yeux ce témoignage choc, vous comprendrez qui m’a motivé à le quitter (un petit indice : la dame toute nue qui suce des serpents, un modèle spirituel) parce que niveau mec, il y avait de quoi m’agacer la cliquette fort longtemps, j'en frémis encore. Souvenirs, souvenirs... La vidéo peut sembler longue, mais ce qu'on dit est vrai : plus c'est long et plus c'est bon. Bref, c’est 50 centimètres minutes de bonheur. Bisous, petite garce et passe le fun autour de toi (et les MST aussi, c'est tendance.)

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13 mai 2012

Le Vice Continue

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Quand Lick m’a pris pour une fille de mauvaise vie - alors que je ne suis qu’une mauvaise fille - j'étais évidemment vexée, mais heureusement planquée, pour changer, derrière mon ordinateur : mon rimel pouvait couler dans l’anonymat le plus total. Consternée mais aussi déçue par un tel manque de discernement, j'ai bouffé plusieurs tablettes de chocolat histoire de ne pas sombrer dans le syndrome des drama queens en mal de soap et de finir en dépression nerveuse. Ce n’est pas un hasard si tout le monde prétend qu’il est toujours bon d’avoir des tablettes de chocolat, c’est très tendance. Enfin bref…

Exit les lapins et les tombes, j’ai décidé de ne pas rester prostrée : cette attitude n’est sympa quand dans la religion et mes tapis sont un peu trop sales pour implorer le cosmos. Ne devais-je pas plutôt m'occuper d'être cuite à point pour mon examen de fin d'année, qui s'approchait de dangereusement plutôt que de voler des cierges ou brûler des bâtonnets d’encens au risque de mettre le feu dans mon grenier ? A quoi bon, puisque je savais dans mon for intérieur que j'étais destiné à devenir une working girl, une esclave deluxe, un peu comme blanche neige avec ses précieux nains ! Je n’avais pas à m’en faire : on a la classe ou on l’a pas, surtout quand il s’agit de la classe ouvrière.

super souillon

On ne change pas les vieilles habitudes, surtout quand on devient vieille : je préférais traîner dans la nuit froide et obscure avec la splendide Big Heidi, elle-même tourmentée parce que son ex poulet fermier redevenu son mec - on ne sait trop comment ni pourquoi - avait trouvé un nouveau jeu qui donnait un peu de pêche aux longues journées au centre de détention. En effet, depuis que le chômage l’avait sévèrement touché, il passait ses journées à ne rien faire, normal me direz-vous, les poulets en liberté ne font pas long feu. Le pauvre, il s’emmerdait tellement qu’il poussait le vice jusqu’à sortir sa camionnette et quittait la montagne histoire de venir nous espionner : aussi parfois s’amusait-il à se cacher dans les buissons vers l’arrêt de bus, pour nous faire risette. Dans quel but ? L’ancien policier nourrissait de noirs desseins : il guettait le puceau pour lui foutre une bonne dérouillé parce qu’il avait daigné embrasser sa belle au cinéma et qu’il lui tournait autour avec l’insistance d’une mouche affamée autour d’un croupion bovin.

Cette histoire commençait à sentir le roussi d’autant  que, pour faire chier le puceau, totalement in love d’une fille qu’il ne pourrait même pas escalader en rêve, j’ai prétendu, en cours d’espagnol avoir couché avec elle, histoire de le dégoûter un bon coup. Je me suis dis qu’un tel mensonge, en plus de m’amuser, rendrait service à ma nouvelle copine de biture : elle en avait marre des petits mots d’amour adolescent qu’il s’arrangeait à lui faire parvenir comme au temps du lycée. Je me suis dit : merde alors, ma générosité me perdra un jour. Moi aussi je risque d’être fighté par le poulet aux hormones et c’est même pas mon fantasme. Dure la vie !

Mais Big Heidi, telle une grande sœur incestueuse, me rassura : pour ma part, je ne risquais absolument rien : les bisous de pédales, c’est connu, ça compte pour du beurre.  Alors nous nous sommes dit qu’il fallait fêter cette immunité un bon coup et  dépenser comme il se doit la maigre rémunération versée par la Région qui finançait avec ardeur ce grand n’importe quoi. J’étais loin de me douter, évidemment, que le Couloir regorgeait encore de surprises et que ce serait une de mes dernières visites dans ce sanctuaire aux mille et une aventures. En effet, une rencontre merveilleuse m'y attendait ce soir-là, avec, évidemment, pour ne pas déroger à la règle, son lot de surprises forcement surprenantes.

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01 mai 2012

Enterrée Vivante

Al'attaque

Ce fut un jour de printemps comme les autres : je me suis levée avec toute l’ardeur d’une arthritique, je me suis préparée un café aussi déshydraté que ma peau, j'ai englouti une tablette de chocolat au lait noix de pécan caramélisée de 200 grammes et picoré un fruit pour avoir bonne conscience. Puis, comme toujours les jours, je me suis séparée de mes nipes nocturnes en effectuant un strip-tease du pauvre dans ma salle de bain pour plonger mon corps dans l'eau bouillante d'un bain parfumé à la pêche, le tout en musique, jusqu'à ce que ma peau soit aussi fripée que celle du présentateur des contes de la crypte. Enfin, de nouveau fraîche et pimpante, j'ai fait un tour devant ma glace et j'ai revêtu mes plus beaux atours pour... aller dans un cimetière.

C'était dans ce lieu merveilleux, bucolique et joyeux que j'avais rendez-vous, là sur un banc défraîchi et souillé par les pigeons, perdu aux confins de l'allée centrale, derrière un mur sinistre. Lick et moi avons fait connaissance ainsi, face à une multitude de tombes en érection, dans la sérénité la plus totale, que venait saccager des troupeaux de vieilles qui furetaient, hiératiques, aussi curieuses que des fouines, en donnant ci ou là quelques détails précieux sur l’anatomie calcinée de leur défunt. Ici, pas de barman sexy pour détourner l'attention, de bière qui vous sature la vessie au bout de deux gorgées, de café salvateur qui, lorsqu'ils sont commandés, sonnent le glas des rencards les plus lamentables, juste le silence de la mort et des bruits de voiture, en arrière-plan : on se serait presque cru dans un parking souterrain, l'ambiance et les viols en moins. 

voyeur

Ce cher Lick n'était pas particulièrement élégant pour un rendez-vous galant, ce qui lui donnait un côté masculin qui fait mouche comparé à ces légions de tapettes pomponnées qui en font des tonnes. Sans doute était-il un peu trop loquace : il me racontait avec moult et moult détails ses dernières lectures du genre Le sexe gay pour les nuls, Le comosutra des invertis, ce genre de littérature très prisé des puceaux qui ne vaut pas l'expérience du terrain. Il me fit cependant une surprise, en dégainant un livre et proposant que lui et moi lisions en même temps nos livres, un peu comme des jouvencelles du 19e siècle qui n'ont trouvé que ça pour être au diapason, une surprise d'autant plus surprenante que le livre en question était exactement le même que celui que je lisais !

Lectrice perverse, agglutinée à cette narration maudite comme à verge suçotée avec application, n'imagine pas n'importe quoi et ne commence pas à mouiller ta petite culotte souillée par ton vieux sexe alangui en pensant aux jolis tours du destin et facétie de la destinée : il ne s'agissait en aucun cas d'un hasard de conte de fées  ou d’un comme quoi Lick Pollen et la superbe Susan Malheur ne seraient autres que deux âmes soeurs vouées à vivre et pourrir ensemble dans un lit aux ressors dévastés ! Lick savait très exactement le livre que j'étais en train de dévorer lors de mes siestes longues dans les fourrés du parc de la fesse'in, privilège des longues discussions aphones sur raiezob. Et, pour gâcher le peu de surprises, il ne tarda pas de m'avouer qu'il ne comprenait strictement rien du tout à ce livre ; probablement parce qu'il n'y avait pas autant d'images que dans le Comasutra et que le sujet en était nettement moins accessible, bien que des histoires de garçons meurtriers qui se tripotent la chipolata derrière les barreaux suffisent généralement à passer outre les figures de style et les longueurs de récit. L'envie de pomper ses captifs soumis à des geôliers féroces et d'autres prisonniers musculeux et syphilitiques rend tout de suite un style moins pompeux, n'est-ce pas ?

Moi, j'avais trouvé ce rendez-vous fort sympathique : tels deux adolescents un peu léthargiques, nous nous découvrîmes l'un et l'autre avec une jovialité certaine, aussi pensais-je qu'il ne fallait pas trop cacher la vérité et pris-je le partie de me montrer tel que j'étais en racontant mes aventures les plus marquantes au niveau du love : n'étais-je une créature flamboyante destinée à brûler sous le feu de toutes les passions, mêmes les plus molles ? Hélas, le quidam n'avait vraisemblablement pas envie d'être ébloui : il m'avoua quelques jours plus tard sur la toile d’araignée qu'il pensait que je n'étais pas une fille sérieuse, que j'étais une noceuse de première le genre non seulement à traîner dans les bars mais pire : à y stagner jusqu'à la fermeture, bref, à l’heure où commencent à s’activer les éboueurs ! Il me soupçonnait même, le naze, de m'adonner à la chasse aux pokémons : il pensait que je passais ma vie à les chasser pour carrément négliger de les élever pour les faire évoluer. C'est dingue, non ?

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12 septembre 2011

Les Call Girls du Dimanche

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Les jours qui suivirent cette soirée que seules des jouvencelles catholiques confondraient avec une sourde débauche, je fus appelé chaque soir par le jeune homme précédemment rencontré qui prétendait que j'étais handsome, sexy, et que je lui manquais férocement : la routine quoi ! 

Au départ, je ne l'avais pas reconnu et pensait qu'il s'agissait d'une énième blague de pédales de basse extraction qui s'ennuient dans la vie et qui, par de mystérieux hasards pas franchement ésotériques, a réussi à capter mon numéro de téléphone dieu sait comment. Ce fut le cas à moutarde ville, où une voix de poissonnière sensuelle et anonyme m’appelait dans la nuit froide et obscure, mimant des orgasmes dépressifs au bout du fil.

Je me suis rendu compte au bout de quelques mois que ce n'était autre qu'une prostituée de mes accointances qui, cela se conçoit vu son physique de tanche, s'ennuyait un peu dans la vie : avec l'ancêtre du RSA et quelques passes totalement anecdotiques pour payer son élécricité, celle-ci n'avait rien d'autre à faire que de découper des articles de journal pour un classeur thématique qu'elle tenait avec autant de ferveur que ses comptes. Il faut croire que bains froids d'eau usées qu'elle prenait pour économiser l'eau ne lui rafraîchissaient pas l'esprit. Mais passons : excité à l'idée qu'on lui propose une dégustation dans une cave, elle doit être morte dans un fossé à présent, au détour de l'autoroute qui mène à Baune, la ville des vins, en pensant qu'elle vivrait l'orgasme de sa vie lors d’une bacchanale dès plus anale.

Au téléphone, l'inflexion de la voix de mon nabot, fortement efféminée et donc forcément stressante, ne faisait guère naître chez moi l'ébauche d'un désir. Et pourtant les conditions étaient réelles et présentes pour que je me prélasse au son de sa voix et parcours mon corps à mesure qu'il me raconte toutes les cochonneries qu'il a fait dans la journée (« j'ai volé un kinder surprise à mon petit frère » et « ma mère nous a préparé un tajine » : so sexy). Mon fidèle  téléphone se situant à côté de mon lit, je répondais toujours en stationnement couché, un peu par feignantise, un peu par lascivité : sans doute les résidus inconscients du métier que je souhaitais faire lorsque j'étais étudiante, un métier plus palpitant que le baby sitting et tout aussi social : du téléphone rose.

Etre comme Barbie

Très vite, nous convîmes d'un rendez vous en fin de semaine, le vendredi, histoire de nous poser un lapin : j'arrivais avec une demi heure de retard, et cet éphèbe, qui était finalement un nain, n'avait même pas pris la peine de m'attendre. Il était bien moins patient que la belle au bois dormant ! Certes, je n'avais pas prévenu de ce retard mais il semblait qu'il m'en voulait puisqu'il ne m'a jamais rappelé - moi non plus d'ailleurs. Vous voyez le topo ? De toute façon, je savais qu'il n'était pas fait pour moi : le genre à investir votre appartement, vider le frigo contre quelques fellations anecdotiques, le genre d'escort un peu discount qui vit de kinder et de soda frais.

 Je décidai donc qu'il était préférable de ne pas m'attarder sur cette affaire et de rencontrer une autre personne un peu plus mûre et disposant d'un appartement avec un bail signé à son nom (ou à celui de son ex, pour plus de péripéties glauques) : comme je stagnais souvent sur raiezob, je discutais avec Lick Polen un garçon visiblement classique, branché sur l'alimentation (tout ce qu'on avale et qui n'est pas sexuel), un de mes sujets de conversation favori avec l'euthanasie.

Il me dit: « avec toi, j'aimerai un rendez vous original ». Emoustillée, je répondis : « of course ». L'originalité se perd de nos jours. Par exemple, avec le nain du samedi précédent, nous nous étions donné rendez-vous à l'Opéra, pour aller déguster un verre dans un estaminet saturé de jouvencelles et de musique techno aussi sèche qu’un vieux vagin ridé. Parfois, c'est sous la queue du cheval que cela se passe : le rendez vous prophétique par excellente ! Toujours des tripots, pour siroter des verres, en terrasse, les péniches, ou des promenades dominicales dans des parcs saturés de mômes turbulents qui vous font plaindre la statut extra ordinaire des hétérosexuels, ces mammifères incapables de ferrer leur progéniture et qui la subissent en permanence. Avec Lick, il fallait forcément que ce soit différent. Aussi lui ai-je proposé de nous rencontrer dans… un cimetière.  
 

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30 août 2011

Intoxication Alimentaire et Religieuse

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Débarrassées de cette gargouille de Désiré et de ses lèvres pulpeuses qui n’eurent pas l'occasion de souiller celles de big Heidi, cela malgré mes stratagèmes pour qu'il se sente obligé de lui fendre le macaron en deux avec sa tige d'éléphant, le ventre vide, manquant sévèrement de protéines, nous nous décidâmes à acheter quelques croissants dans une boulangerie notoire : un mur ouvert, des croissants qui passent dans la fente, que demande le peuple ! Seulement voilà, le bon plan du dimanche était tout ce qu'il y a de plus fermé : sans doute quelques junkies  désoeuvrés, qu’une électro bon marché n’avait pas suffi à gaver, avaient pillé le stock complet de croissants, sans doute pour faire passer de la poudre à la frontière Suisse ni vu ni connu. 

Ces trafiquants à la mord-moi le noeud auraient dû savoir que nous étions franchement affamées. Errant comme des chiennes galeuses non loin de l'hôtel de Vice, nous trouvâmes un petit sanctuaire de petit déjeuner ouvert, où quelques manants visiblement mal dégrossis prenaient leur petit déjeuner : la croichianterie. Dans un cadre triste à faire peur, d'une propreté toute relative (ah mais quelles jolies traces sur le sol, là ? Dis-moi poulette, c'est moi où ces traces bougent toutes seuls alors que j’ai pas  absorbé de substances hallucinatoires tonight ? - ce sont des cafards, connasse), des gueux grassouillets et finis à coup de pioche bavaient sur des croissants congelés tous gras saturés d'huile de palme.

Certains parlaient d'une voix bien pâteuse et laissaient voir - quel bad trip ! - tout un panel de dents manquantes dans leurs bouches qu'il aurait fallu frotter au savon parce qu'elles ont été de nombreuses fois passées à tabac.  Difficile de choisir parmi ce panel de produits avariés qui se présentaient à nous et qui sentaient les restes de la veille : peut-on faire le difficile à 7 heures du matin. C'est un peu l'heure de la troisième démarque : c'est surtout vrai pour les mecs, d'ailleurs. A cette heure-ci ne sont disponibles que les créatures vouées à croupir dans la nuit ! Dépitée, j'optais pour un chocolat chaud et une part de tarte au citron : le genre de choses qui sont rarement dégueulasses. Même une tarte au citron industrielle ne déçoit pas. Et bien, pour le coup, c'était tout simplement infect : une crème de cafard ne serait guère pire.

Big Heidi me regardait d'un air outré tant la faune semblait tout droit sorti de la colline à des yeux, non pas l'original mais le remake : des faciès tordus, des créatures adipeuses incapables d'aligner deux mots sans prononcer des onomatopées immondes qui laissaient supposer qu’elles désiraient poser une gerbe, mais pas de fleurs : ou bien la croichianterie était une succursale de Vinatier, l'hôpital psy tendance de notre bonne belle ville, surplombé d'un parc assez bucolique, et fort animé, le seul où l'on puisse voir des spectacles de Guignol en grandeur nature, des spectacles hélas pas accessible au grand public : il faut ruser pour le pénétrer, ou bien ces immondes personnes, bien qu'elles n'y connaissaient vraiment rien en inversion ni même en sexualité, étaient une espèce humaine visiblement créée pour peupler les backrooms ou des grottes non encore découvertes, peuplés de troglodytes dégénérés qui finissent toujours pas errer dans les grandes villes. Bref, c’était la lie de l’humanité, rassemblée là pour le petit déjeuner.

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Le ventre bombé, l'haleine fétide, barbouillée par cet horrible petit déjeuner vicié, j'eus l'idée de visiter l'église délabrée des Cordelettes, celle dont les murs sont finis au pipi, aussi ternes et jaunes que le teint d’un vieux syphilitique. Big Heidi, tout d'abord réticente et me traitant encore une fois de cinglée, finit par me suivre, puisque j'étais décidé à pénétrer l'antre de la foi. De l'intérieur, où se signaient de vieilles veuves aussi fraîches et débonnaires que nous, j'envoyais un texto à mon nouveau flirt, improvisant une ligne de mensonges fracassants du genre que j'en avais rien à foutre de sa petite bouche pulpeuse de suceuse malgache j'étais heureuse de l'avoir rencontré et que j'avais hâte qu'il me paye un verre de le revoir, texto qui, miracle du seigneur, chancre de la foi, ne parvint jamais à son destinataire.

Nous nous posâmes sur les chaises d’un confort plus que douteux et qui justifie la présence de tronc avant de disparaître, reluquées par les personnes âgées qui nous fustigeaient du regard, à cause de nos looks flamboyants et nos démarches chaloupées de star alcoolisée : nos lits nous attendaient, et quelques heures plus tard, j'eus la surprise de recevoir l'appel de mon nouveau flirt, à qui déjà je manquais, et qui avait hâte de me revoir, toute nue dans le noir. Décidemment, les voies du seigneur sont impénétrables !

 

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20 août 2011

5 garçons, une fille, aucune possibilité

 

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Face à cette révélation sordide d’une sexualité déviante, Big Heidi fit mine de n’être point stupéfaite et d’ajouter fièrement : « cela ne m’étonne pas, j’ai toujours pensé que tu étais bisexuelle », un terme qui, étymologiquement, devrait avoir un tout autre sens que celui qu’on lui prête. Enfin bref, les quelques baisers avec la langue que nous échangeâmes avant que sa main atteigne la première base, ne resteraient que d’humble souvenir : le paroxysme contre nature de notre relation amoureuse avorté. Je lui confiais ce qui, pour une fois, n’était pas un mensonge : pour une fille, la garce n’embrassait pas trop mal. Une certaine technique avec la langue laissait augurer qu’elle savait s’occuper d’un pénis en érection ou  d’un truc moins fascinant mais plus hygiénique comme une sucette par exemple.

Enfin bref, comme il n’était à présent plus possible de nous peloter à mort, il était temps pour nous d’aller à la chasse au chibre histoire de vivifier nos corps engourdis : un exercice auquel nous nous pliâmes au plus vite, prenant  soin de frétiller des bourrelets sur le dancefllor où se dandinaient comme chaque soir des créatures point franchement motivantes, mais captivées par les hymnes de pintades diffusés par un DJ décidemment toujours lamentable. Par jeu, nous scrutâmes les visages tuméfiés par l’alcool, les corps ligotés des t-shirt tout aussi cheap qu’hideux : clairement, comme souvent au Couloir, il n y avait pas grand-chose à se mettre sous la dent. Nous attendîmes cependant la fermeture, histoire de clopiner vers le Pin’s, une after tout à fait conne, repère de pédales boutonneuses qui n’ont rien pu pécher, et de drogués notoires qui ne retrouvent plus le chemin de leur maison parce que leurs parents ont été assez intelligent pour leur en interdire l’accès.

Dans ce lieu sans intérêt, bombardé d’une musique techno indigeste, Big Heidi ne tarda pas à faire une prise : un beau jeune homme. Je la suivais en cédant aux avances d’un garçon fort séduisant qui me collait d’un peu trop près sur le dancefloor. Ce jeune homme, elle ne tarda pas à le qualifier de nain parce qu’il faisait 20 centimètres de moins que nous, une taille qui peut avoir ses avantages en nature même si l’illustre connard qui a stipulé que tout le monde faisait la même taille au lit délirait totalement : il n y a guère qu’un nain  ou un zoophile pour croire à de pareilles  sornettes !

Passons sur ces clichés censés valoriser les personnes mal fichues. Tandis que, chacun dans nos fauteuils respectifs,  nous nous noyons dans les glaires délicieuses de nos nouveaux meilleurs amis, ces derniers ont décidé de nous fausser compagnie parce qu’il commençait à se faire tôt : Big Heidi, cette garce, ne tarda pas de trouver un nouveau compagnon, nettement plus utile (et nettement plus fade soit dit en passant) puisqu’il nous offrait des verres, ce qui signifiait probablement qu’il avait envie de trempé son biscuit vigoureux dans son entrecuisse. Histoire de se protéger et de ne point céder à un altruisme du genre « tu t’es vu quand t’as bu », Big Heidi sortit la carte de l’ex violent échappé de prison qui rôde dans son petit cœur de fille sage : un truc pas franchement crédible que le mec goba direct : il ne demanda pas son reste et confia à la traîtresse pulpeuse son numéro de téléphone.

Quelques minutes plus tard, un autre homme complètement à la ramasse vint s’asseoir à nos côtés : il répondait au prénom grotesque de Désiré (pour de vrai !) et son prénom, visiblement, était franchement mal conjugué puisqu’il convoitait la demoiselle et qu’a contrario il n’était pas capable de susciter le moindre désir, à moins d’aimer les hommes qui cumulent la laideur et la lenteur. Vous voyez, le genre de type qui fait tapisserie dans un canapé. Ce bellâtre des abysses, habillé chez Emmaus,  vint tout d’abord vers moi pour me demander si elle et moi étions ensemble, je répondis avec fermeté que non. Comme il avait l’air sceptique, je ne tardais pas à lui apprendre qu’étant un farouche représentant de cette caste de garce que sont les homosexuels, l’idée de m’aboucher à une fente suintante n’était pas à l’ordre du jour.

Content de ma réponse, il ne tarda pas à lui demander de poser le gras de ses fesses à côté de lui avec un petit geste de la main bien sympathique et convulsif : exactement le même qu’on a quand on invite un caniche à s’assoir à côté de nous, sur le canapé. Comme elle n’avait pas l’air franchement décidée, qu’elle me jettait des œillades désespérées afin que nous déguerpissions de ce qui ressemblait à un désastre, je restais sur mes positions en faisant croire que Big Heidi était non seulement une fille facile mais également fort disponible, puisque fraîchement célibataire : elle n’attendait qu’une chose : qu’on colmate les fissures de son petit cœur meurtri, ce qui m’a valu de sa part quelques regards du genre à vous foudroyer. Hélas, touché par cette histoire granguignolesque qui lui fit vibrer la membrane, Désiré lui proposa de lui offrir un petit remontant, à elle… et pas à moi. Injustice totale ! Immonde procédé ! Moi qui me suis cassé le cul à raconter des sornettes pour rien ! Je regrettais, pour le coup, de ne pas avoir de clitoris, songeant à tous les verres gratuits que j’avais manqués dans ma vie de tapiole pas franchement évaporée !

 

 

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10 août 2011

Les Amours Imaginaires

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L’amour, ça se commande pas. Cela se saurait, il suffirait d’aller sur un site, de passer sa commande et hop, ni vu ni connu, le mec de tes rêves est livré par un facteur boutonneux de colissimoche : les mauvaises langues diront que cela existe : on appelle ça la prostitution, mais ça n’a rien à voir avec l’amour et puis c’est tout un budget. L’amour c’est beau et ça sent le foin. Le sexe, ça pue, le sexe c’est mal : le sexe, c’est parfois rectal.

Enfin passons, l’heure n’est pas à la philosophie. Je poursuis donc mon charmant récit : comme tous les amoureux, les vrais comme les faux, Big Heidi et moi, nous nous sommes donné rendez-vous devant l'opéra : un lieu de rencard qui pourrait être romantique s'il n'était pas squatté par de jeunes désoeuvrés qui n'ont rien d'autre à faire que de la figuration dans la nite. Certains sifflent les demoiselles, les hèles comme des juments. Quand ils ont la bouche ouverte mais qu'aucun son ne sort, c'est parce qu'ils s'abreuvent à une canette de bière premier prix volé dans la première superette de nuit venue.

Big Heidi, effrayée par ses rustaud de pacotille parce qu'elle portait une jupe ras le macaron (et sans doute une petite culotte tachée), s'est cachée un peu plus loin, du coup, nous ne nous sommes pas trouvés tout de suite : c'est qu'on prend du plaisir à mettre son portable en mode vibreur ! Une fois la géante des montagnes dans mon champ de vision, je fus surpris de constater que, de même que moi, cette garce avait mis ses plus hauts talons, si bien que nous étions exactement à la même hauteur, à quelques millimètres près.

Pénétrant dans l'Ayers Frog, un bar australien, nous fumes à la fois enchantées puis dégoûtées de voir que nous étions les humanoïdes les plus hauts sur pattes, mais également les plus vieux de toute l'assemblée, laquelle était constituée de lycéens ou étudiants pour la plupart avariés et de filles aussi dérisoires et minuscules que Kylie Minogue, avec la ligne ou le visage de Mimie Mathy : bref des crapauds australiens. Pour parer à ce désarroi, ni une ni deux, accoudées au bar, nous commandâmes des cocktails fadasses de toutes les couleurs, que nous sirotâmes comme des goulues, pour échouer par la suite au Nainekasi histoire de se finir au shooter avant de pénétrer - enfin - le monde nocturne et gluant des sodomites ou une multitudes de verres nous attendaient, ainsi que des hommes merveilleux aux faciès sulfureux et aux culs dilatés : un samedi soir sur la terre quoi !

Toujours au bar après quelques séquences de danse pas franchement charnelles, vodka au poing, il se passa quelque chose de bizarre ; bien sûr, le courant passait entre Big Heidi et moi (entre chiennes, on se comprend) bien sûr, nous rimes  à gorges déployées, malgré nos petits tours de poitrine, bien sûr, nous avions les sphincters relâchés, mais voilà : il semblait que nous nous rapprochions de plus en plus des rites obscures de Sapho puisque Big Heidi, forte de ses petits clins d'oeil malicieux, glissait sa main dans mon chemisier et commençait à me palper la poitrine avec un touché qui n'avait rien de protocolaire : il semblait que cette garce voulait bien plus que jouer au docteur, et mon petit doigt me disait que si elle continuait encore dans cette voie, elle se spécialiserait vite fait dans l’art séculaire de la proctologie !

En effet, sa main descendait prodigieusement à tel point que c'en était indécent, et menaçant : les prémisses d'un viol en quelque sorte ! Il était donc tant de lui avouer que malgré ma pilosité somme toute écologique, je n'étais pas lesbienne, conséquence de quoi il serait tout à fait incongru que je me hasardasse  à lui palper la couenne en retour ou pire : combler avec n’importe laquelle de mes protubérances la moiteur visqueuse de son entrecuisse. Je lui révélait donc qu’elle ne pouvait pas combler mes cavités puisqu'elle ne possédait pas de membre érectile suffisant pour m'émoustiller : cette chose pas toujours rigolote qui se déplie comme un accordéon : un chibre. Comment la montagnarde prendrait cet aveu : serait-elle choqué ? Furieuse ? Emue jusqu’aux larmes ? Ou bien disparaîtrait-elle de mon champ de vision qu’elle occupait avec une certaine pugnacité pour me laisser enfin mater les salopes avariées qui stagnaient au loin sur une musique misérable et hypnotique en agitant leurs petites croupes graciles ?

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Pas vraiment sur la même longueur d'ondes, bébé !

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05 août 2011

La Séduction selon les petites guenons

 

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Quand une fille, ces créatures humanoïdes  pourvues de protubérances mammaires et d’une fente où sortent des mammifères gluants, se rapproche de vous, vous ne voyez tout de suite pas à mal, genre vous n’imaginez pas un seul instant qu’il s’agit d’une lesbienne qui n’a d’autre but que d’effectuer sur votre chaste de personne quelques travaux pratiques dans leur sport préféré : le jardinage.

Les femmes comme Vodkana ne savent pas très bien cacher leurs jeux : a contrario des prostituées qui officient sur le terrain en attendant patiemment dans la rue (ce qui s’appelle, dans le jargon administratif, le racolage passif), Vodkana est la commerciale de son propre réseau de prostitution, aussi se trimballe-t- elle toujours avec des photos de ses copines russes à marier et s’acharne-t-elle a vous faire des compliments sur votre physique pour vendre son produit - en l’occurrence ses sœurs. Nul besoin de sortir de Sein Sir pour déceler les intentions douteuses de ce genre de personnage.

D’autres femmes, pas forcement plus fines mais plus retorses, qui savent pertinemment qu’elles n’ont rien d’autres à vendre qu’elle-même et leurs ovules dont personne ne veut à part les fanatiques du Vatican, essayent de devenir votre meilleure amie pour s’incruster un peu partout près de vous, jusqu’à devenir indispensable : à la cantine, en salle de classe, dans les travaux pratiques (« je ferai les recherches pour toi ô précieuse Susan »), à la pause, au petit bar PMU du coin… Toujours à l’assault d’une opportunité, ces futures boniches domestiques se hasardent  même à proposer des activités extra scolaires histoire de pouvoir squatter la seule place qui, d’après elles et leurs horoscopes vomis par Elisabeth Fessier, reste vacante : votre lit. Pour devenir votre meilleure amie, ces amoureuses de l’amour vous confessent même tous les petits détails de leur vie insignifiante pendant les temps de pauses consacrés aux ragots :

« Ca y est, Susan, j’ai plaqué mon mec (on s’en fiche) et je crois que Puceau m’intéresse (tu me dupes pas, c’est un schtroumpf, il fait 50 cm de moins que toi), que j’ai envie de sortir avec lui (où ça, au Zoo ?), après tout, Evangelie, qui a envie de sortir avec lui, n’a pas l’air de l’intéresser !
- Ben oui, tu m’étonnes. Il s’en fout pas mal
- Tu es sure ?
- Oui, elle est désormais hors course. Quand je lui ai dit qu’elle couchait avec le noir de la formation peinture, il a dit que c’était une salope qui se faisait troncher par n’importe qui ! Il n’a pas compris qu’il s’agissait d’altruisme ! Du coup, il ne veut plus d’elle. Donc il est tout à toi (et toc, tu t’y attendais pas hein ?). »

Et donc Big Heidi, fraîchement célibataire, alla au cinéma avec Puceau voir un navet au terme duquel il se jeta sur elle et sautilla frénétiquement jusqu'à sa bouche pour lui fouiller les entrailles mais, car il y a un mai, préférant mettre toutes les chances de son côté, elle me suggéra dans le même temps que nous sortions toutes les deux un samedi soir : évidemment, j’acceptais cette proposition que j’assortirais, cruel stratagème, d’une surprise de taille : après quelques verres dans des bars et pubs bien hétérosexuels, j’envisageais de conduire la belle créature dans mon antre homosexuel fétiche, institution Fyonnaise par excellence, à savoir le Couloir : elle verrait ainsi qu’ainsi qu’elle n’a strictement aucune chance de frayer avec une connasse de mon espèce, à moins évidemment de suivre avec plus d’assiduité un traitement hormonal, et de se faire greffer un pénis de 30 cm de long !

 

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Tu veux te joindre à nous ? Hummmmm

Posté par Susan Malheur à 12:00 - La Série intégrale - Scène commentée [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

28 juillet 2011

Soubrette Deluxe

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Lectrice pervertie jusqu'à la moelle, connais-tu cette chose un chouia mystérieuse qu’on appelle le karma ? Bon, si tu ne connais pas ce concept impressionnant, je vais te l’expliquer en simplifiant le plus possible : je ne suis pas décidée à ménager tes neurones pour éviter qu’ils ne fassent trop la course dans ton bocal surchauffé par l’absence de canicule.

Le Karma, c’est ceci : tu fais des trucs pas bien dans ta life, tu te réincarnes en truc pourri, par exemple, un moucheron, un cafard, une fourmi. Tu fais beaucoup de trucs bien, tu peux espérer te réincarner en chat, en chien, voire en trisomique. Si, durant toute ta vie pas très passionnante, tu fus la perfection même, le zéro fautes intégral, une seconde vie en tant qu’humain frappé d’amnésie t’es promise ; bref, le karma, c’est un truc qui sert à rien. Et puis, de toute façon,  la perfection et la réincarnation semblent ne pas n’exister. Tu en veux la preuve ? Si tel était le cas, la joviale Jacky Sardou se serait déjà manifesté sous la forme d’un enfant stellaire.

J’ai remarqué cependant une chose, grâce à mon sens de l’observation ultra aiguisé, à savoir que cette espèce de loi karmique douteuse mais fort intéressante s’adapte tout à fait à la vie de tous les jours : genre, tu fais un truc naze (tu voles un œuf dans une ferme), et il t’arrive des trucs encore plus nazes (tu te fais courser par un boeuf qui a bouffé des champignons hallucinogènes) : c’est un peu comme le mauvais œil, sans marabout au bout.

Il était évident que croyant dur comme fer à ces sornettes, il adviendrait tôt ou tard que je serai la victime de ma lâcheté quasi symptomatique envers Miss Coulée Verte : en effet, je n’eus pas à attendre beaucoup car aussitôt je devins la souillon de service du Kitschotel : la délicieuse patronne, Mme Pinard, victime de sa ménopause post cancéreuse, m’a enfin remarqué et s’est décidée - quelle générosité ! - à me confier quelques tâches tout aussi ingrates que sa peau histoire d’exercer sur mon auguste personne son pouvoir un peu rance. 

Trouvant que je ne servais à rien malgré mon efficacité fort appréciée de mes collègues, à l’instar de mes ragots, cette bique hystérique ne supportait guère de me voir tapoter sur l’écran de PC à la vitesse de la lumière, probablement parce qu’elle n’avait pas d’ordinateur dans son bureau ; de même que dans sa vie, cette vielle peau aurait tout de suite était attaqué par des virus.

Un jour plus ou moins fait comme les autres, elle s’avança dangereusement vers Pennys Caveau avec sa silhouette over pulpeuse. Quand elle s’approchait de nous, c’était souvent mauvais signe : cela signifiait qu’elle désirait critiquer quelque chose ou pousser sa gueulante parce qu’un journal traîne sur une table à l’autre bout de l’hôtel. Ce jour-là, alors qu'elle avait sûrement découvert à son bedonnant d’époux une toute nouvelle maîtresse, elle a reproché à une de ses anciennes employées d’être « grosse, vulgaire et peu élégante ». A une autre, elle lui somma de faire quelque chose à cause de ses cheveux gras. Hormis cela, hautaine comme pas deux, elle se tenait toujours à distance pour dire bonjour aussi la voir de si près n’était pas salutaire. Bingo : elle ordonna ceci à Pennys, alors que j’étais à côté : « demandez à la stagiaire de ramasser tous les mégots sur la terrasse du restaurant, c’est bientôt l’été. »

Ni une ni deux, je fus contraint d’enfiler des gants en latex pour un motif moins sémillant qu’un fist fucking et, sous la pluie battante, de ramasser une bonne centaine de mégots humides et puants : l’équivalent de six mois de fumettes de mes charmants collègues stressés par ce dragon boudiné. Un comble, pour quelqu’un qui ne fume pas et n’en supporte pas l’odeur ! Celle des gants de latex était pas mal non plus : j’avais l’impression d’avoir masturbé pendant des heures des bâtons de craie.

Quelques jours plus tard, une mission tout aussi extraordinaire me fut confiée : descendre 3 ans de boîtes d’archives, soit une quarantaine de cartons tout aussi lourds les uns que les autres, dans un sous-sol miteux, mal éclairé, poussiéreux au possible et saturé de toiles d’araignées évidemment occupées par des monstres génétiquement modifiés : cette séance de musculation intempestive n’avait rien pour plaire, ni à mes bras, ni même à mon nouveau tailleur qui fut souillé à maints endroits : c’est bien simple, il eût été tout à fait possible d’imaginer que je m’étais adonné à une partouze nécrophile dans un sous-sol !

En conséquence, je redoutais de nouvelles tâches tout aussi ingrates mais, fort heureusement, Miss coulée verte étant une mauvaise personne, je fus sauvé in extremis par la fin de mon second stage et mon retour forcé en centre de formation : là-bas, une de mes collègues, saturée d'hormones et fraîchement célibataire, m’attendait de pieds fermes pour me faire succomber à ses charmes pour le moins dantesques : pour ce faire, elle se décida à devenir ma meilleure amie.

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Posté par Susan Malheur à 18:00 - La Série intégrale - Scène commentée [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

30 mai 2011

C’est trop compliqué (mais pas franchement shakespearien)

 

kisskiss

La rupture par SMS, c’est pratique, hygiénique, ça ne tache pas ; pas d’engueulades interminables et violentes, de jérémiades incessantes à vous filer la migraine, de pleurs qui peuvent provoquer chez vous des rires convulsifs voire des allergies cutanées buboniques. Quant au jet de vaisselles en porcelaine dangereux, si et seulement si la personne bafouée sait viser, il est esquivé par cette méthode foudroyante révolutionnaire : un façon de rompre qui va plus vite que l’éclair, en plus d’être top tendance. Et je ne parle même pas des bagarres sanguinolentes à coups de sacs à mains, vous savez, ce genre de crêpage de chignon intempestif auquel on adore assister à la sortie des tripots pour sodomites mais qui, lorsqu'on est impliquée au sein même de la bagarre, se révèle nocif pour la santé et la perfection d'une manucure.

Le lendemain, bien décidé à ne plus m’accoquiner à cette créature qui pourrait s’appeler, comme cet endroit merveilleux à Dijon, la Coulée Verte, je m’empressai de raconter cette formidable soirée en tout point théâtrale à mes charmantes collègues amoureuses des ragots et coutumières des histoires d’amour impossibles. Peu de temps après la narration de mes exploits, je reçus un texto criblé de fautes d’orthographe de l’inestimable Danielle, lequel texto m’agaça prodigieusement : elle m’écrivit qu’elle ne comprenait pas pourquoi je suis parti à la sauvette en sautant du bus alors qu’on « devait dormir ensemble ». Devait ? Non seulement elle se répétait, mais la chérie semblait avoir de drôles de notion en matière de devoir conjugal : déjà nous n’étions pas marié et quand bien même le fussions-nous, étions-nous encore au Moyen Age ? Et puis bon, depuis quand doit-on payer en nature lorsqu’on nous finance une soirée qui, au final, n’est pas si agréable que ça, malgré la pièce savamment montée ? C’est un peu comme ces individus qui vous font boire à l’oeil comme des gorettes de la bière sortie du fût ou des coupettes de champagne discount dans les boîtes de nuit glauque et espèrent que vous allez avoir la cuisse légère et offrir vos luisantes muqueuses.

Bref, en deux temps trois mouvements, je m’agaçais la cliquette et tapotait frénétiquement, sous la complicité de mes collègues, un message de rupture terrifiant dont j’ai le secret et que je lus, en prêtresse des ordures, à haute voix, suscitant de la pitié pour Danielle : t’es dure Susan, mais c’est énorme. Comme je suis un peu polio, et que mes complices se marraient délicieusement, je ne pris pas la peine d’alléger ma sentence et appuyais direct le détonnateur pour exploser Danielle et la mettre KO.

Nous attendîmes une réponse de sa part qui, fort heureusement, ne tarda pas à arriver : le privilège de la quarantaine, c’est que les gens s’ennuient à mourir, surtout quand ils n’ont pas d’amis, ils détruisent tout le suspens et permettent aux histoires d’avancer bien plus vite. Fidèle à ma réputation, je répondis avec mon tact légendaire qu’elle était une ignorante inculte de première et qu’elle et moi n’avions rien à faire ensemble, en gros qu’elle était aussi vide à l’intérieur d’elle-même que sa bibliothèque était inexistante. Nous visions, en résumé, l’ennui d’un mariage, sans les avantages financiers : en moins de temps qu’il n’en faut, Danielle se retrouva expulsée comme un étron de géant vert avec sa champignonnière, ce qui signa mon retour à la fort réjouissante case départ : célibataire, toujours en formation, stagiaire dans un  ostel sans queue ni tête, il me semblait alors que j’avais la vie devant moi - et le vice collé au cul ! Je ne me rendais pas compte, à cet instant précis, que mon succès avec les hommes était en phase terminale !

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Posté par Susan Malheur à 14:37 - La Série intégrale - Scène commentée [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]